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Friday, December 11, 2009
The Road
Il y a quelques années, j’avais vu THE PROPOSITION, un film écrit par Nick Cave et réalisé par un gars dont je n’avais jamais entendu parler, John Hillcoat. Comme THE PROPOSITION était une merveille, j’attendais avec impatience son film suivant. Mais comme il était passé à Hollywood, je me disais que ce serait –comme bien d’autres avant lui– un réalisateur perdu. Je me suis trompé. Hier, j’ai vu THE ROAD. Adapté du roman du même nom de Cormac McCarthy, THE ROAD est le parfait exemple de ce que le cinéma devrait être: sans concessions. THE ROAD est le film le plus dérangeant que j’ai vu depuis longtemps. Sur IMDB, il est dans les catégories aventure, drame et thriller alors que c’est un putain de film d’horreur. Si les portes ouvertes dans les années 70 par Romero, Hooper, Carpenter ou Cronenberg n’avaient pas été refermées par les médiocres qui ont suivit, le cinéma d’horreur aurait atteint la maturité de THE ROAD. THE ROAD raconte l’histoire d’un homme et son fils traversant les États-Unis dévastés par une catastrophe. Plus rien ne pousse nulle-part, les animaux sont morts et les rares survivants sont devenus cannibales. THE ROAD est un film d’une tristesse et d’un désespoir phénoménal. Il y aurait plus de réalisateur comme John Hillcoat, j’irais plus souvent au cinéma.
Thursday, December 10, 2009
Frank Frazetta vs. Frank Frazetta
Frank Frazetta ne cesse de m'étonner. Alors que je le croyais mort depuis longtemps, j’ai appris récemment qu’il était toujours en vie –tant mieux pour nous. Aujourd’hui je lis que Frank Frazetta, le fils du premier vient d’essayer de vider le musée de son père de toutes les toiles qui s’y trouvent. La police l’a arrêté alors qu’il mettait les toiles dans son SUV. Le talent n’a pas l’air de passer de génération en génération chez les Frazetta. Le juge réclame $500.000 de caution pour la libération du fils, que le père refuse de payer.
Wednesday, December 09, 2009
Beuark
J’ai eu un prof de littérature qui nous disait que toutes les lectures étaient profitables. Ça m’a pris du temps, mais je crois que je peux enfin affirmer qu’il avait tort. Je suis tombé hier sur un numéro de GALA et je crois que mon prof n’imaginait pas à quel point il se trompait. J’avais oublié l’existence de GALA et me retrouver face à ça, c’est un peu comme dans ces films où le tueur sort de prison et retrouve sa victime. La bête ignoble est toujours en vie et m’a poursuivie au bout du monde. On pourrait se dire qu’il vaut mieux lire GALA qu’être aveugle. Mais en fait, non, il vaut mieux être aveugle et sourd aussi, tant qu’on y est.
À l'intérieur de ce torchon, entre autres “articles”, un interview de Corneille et Sofia, un couple de célébrités –canadienne je crois– qui fait de la musique. Corneille? Il y a vraiment quelqu’un qui s’appelle Corneille? Si j’en avais rencontré un étant ado, je crois que j’y aurais mis le feu. C’est d'ailleurs la même envie qui me prend quand je vois leur photo de bonheur baveux, et quand je lis leur petite philosophie positive de bourgeois minable. “Nous avons hâte de vieillir ensemble!” Bande de cons, moi, j’ai hâte de vous voir crever ensemble. Sur la photo, Corneille joue de la guitare pour Sofia. Ça ne vous donne pas envie de vomir? De vous arracher les yeux? De vous couper la tête? Qu’est-ce qui arrive à une culture pour qu’on publie des abominations comme GALA? Qu’est-ce qui se passe pour qu’en soit réduit à ça?
En voyant Sarah Palin, je pensais que les Américains étaient à la pointe de la dégénérescence culturelle, mais GALA prouve qu’ils n’en ont pas l’exclusivité. La France se pose en solide challenger. Amis français, vous avez fait une révolution qui a inspirée le monde, ne serait-il pas temps d’en faire une nouvelle? Attrapez Corneille et Sofia lors de leur prochain séjour chez vous et brûlez ces mirages abjects sur un bûcher fait avec des exemplaires de GALA. Imaginez l’incroyable retombée positive sur le monde. Toutes ces prétendues célébrités, ces artefacts odieux de l’humanité fermeraient définitivement leur gueule, on n’aurait plus à voir leur vomis de pseudo-bonheur abject et ces magazines immondes qui transforment les cerveaux en merde liquide disparaîtraient. En fait, ce que mon prof de littérature aurait du nous apprendre, c’est l’usage d’un bon briquet.
Tuesday, December 08, 2009
Fonctionnaires de tous pays unissez-vous
La semaine passée, j’ai accompagné un ami dans une administration. Ça m’a rappelé comme je détestais les administrations... C’était dans un immeuble minable de Downtown LA et comme c’était en rapport avec l'immigration, il y avait des fonctionnaires en uniforme, du genre de ceux de la police. Ils étaient tous extrêmement gentils, mais quand on a passé 36 ans dans les méandres administratifs kafkaïens de la Belgique, ça ne suffit pas. Ça m’a rappelé ce cauchemar interminable de paperasses inutiles qu’il fallait aller chercher dans un bureau pour les apporter dans un autre. Ça m’a rappelé ces fonctionnaires abrutis traînant en pantoufles dans des couloirs sans fins... Bref! J’attendais mon pote dans une grande salle presque déserte et j’ai eu un accès de paranoïa. Je ne sais même pas pourquoi, mais j’ai pensé que toutes les caméras de sécurité étaient braquées sur moi et que j’allais me faire arrêter. J’ai commencé à analyser les lieux, à repérer les positions des caméras en repérant leurs angles morts et en me demandant comment j’allais faire pour fuir. Je me demandais quel était le plus court chemin jusqu’à ma voiture et si c'était une bonne idée de la récupérer. En regardant les baies vitrées, je me suis même demandé si les gardiens tireraient au travers. Ce n’est que quand mon pote est revenu que je me suis rendu compte de ce à quoi j’étais en train de penser et je suis retourné dans mon corps. En sortant de cet immeuble, je me suis dit qu’un quart d’heure dans une administration suffisait à me faire retourner à l’état sauvage. Tout ce que je voulais, c'était vivre dans une cabane loin de la civilisation.
Monday, December 07, 2009
Sherlock Batman
Comme tous les habitants de cette ville, j’ai un ami qui a un ami qui a un ami –etc– qui vote pour les OSCARS et qui reçoit tous les films en DVDs directement des studios. Grâce donc à ce subtil tissu de relations, chaque année, à cette période, j’ai l’occasion de voir des films avant qu’ils ne sortent en salle. J’ai donc eu l'immense “privilège” de voir SHERLOCK HOLMES hier soir. Je n’ai rien contre les remakes, les reprises ou les suites. Ça permet aux œuvres originales de rester en vie et si quelqu’un ne voit pas la différence entre les originaux et les remakes, tant pis pour lui. Mais ce SHERLOCK HOLMES est différent, c’est d’un tout autre niveau. Ce film apporte à l’expression “se retourner dans sa tombe” une toute autre dimension. Arthur Conan Doyle doit s’y agiter comme personne. Les businessmen qui ont fabriqué ce film ont transformé Sherlock Holmes et le Dr. Watson en champions de Kung-Fu et ça bastonne non-stop dans tous les coins. Sherlock n’hésite jamais à sauter par la fenêtre et de toit en toit. Le but semble avoir été de transformer Sherlock Holmes en Batman. Les méchants ont des têtes de méchants –avec des cicatrices– les gentils ont des têtes de gentils et la fille est belle et a de gros seins. Il y a des tas d’explosions, des trucs qui cassent, des bateaux qui coulent etc. Au bout d’une heure, en regardant Robert Downey Jr. s’agiter, je me suis souvenu de Peter Cushing dans THE HOUND OF THE BASKERVILLE et j’ai arrêté de regarder cette merde.
Sunday, December 06, 2009
Tanguy
Vous vous souvenez sûrement du film TANGUY? Ce film est très amusant jusqu’à ce qu’on se retrouve dans la même situation. Là, on ne rigole plus du tout. Chaque matin, Tanguy –Nicolas– nous rejoint dans la cuisine où il nous demande si on a bien dormi, ensuite il ouvre la porte du frigo... Ce matin, il nous a même dit qu’il resterait bien quelques années de plus chez nous. Il n’a pas compris pourquoi je me suis soudainement mis à pleurer. Il a ses bons côtés, c’est sûr, comme hier, où il nous a cuisiné des lasagnes au saumon. Mais à son âge, il est temps qu’il vive enfin seul. Ce n’est pas sain pour un garçon de plus de trente ans de rester chez ses parents. Ses réactions en deviennent parfois bizarres, comme hier, quand il a fait la mauvaise tête parce qu'on lui a demandé de faire la vaisselle.
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