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300 KG = 661 Pounds

À la fin de l’année 2010, ça fera dix ans que je me suis installé à Los Angeles. Alors je vais de temps en temps raconter des anecdotes de mes débuts ici. Voici la première. Dans la boite où je travaillais, j’ai eu l’occasion de rencontrer une spécialité américaine –qui se répand d’ailleurs depuis un certain temps en Europe: un type obèse. Pas un type trop gros ou un gros. Non. Un type énorme, monstrueusement gros. Je ne l’ai jamais pesé donc je ne peux pas affirmer son poids avec certitude, mais ça devait tourner quelque part entre les 280 et 320 kilos. Le matin, je le voyais garer son énorme FORD EXCURSION et s'y empiffrer de McDONALD. Quand il était –enfin– repu, il montait l’escalier qui allait  jusqu’au bureau. Il s’aidait d’une canne et le trajet entre son SUV et son bureau lui prenait 45 minutes! On l’a chronométré plusieurs fois. Entre les deux étages, il restait assis dans un canapé pendant un bon quart d’heure en soufflant comme un boeuf. La première fois, je croyais qu’il était en train de mourir. Je devais travailler avec lui et durant les quelques mois où il a bossé là, je n’ai jamais rien fait pour lui. Rien. En général, il commençait à m’expliquer ce qu’il voulait et il s’endormait en me parlant... J’attendais qu’il se mette à ronfler et je retournais dans mon bureau. Je le laissais là, affalé sur sa chaise en acier renforcé et sa canne. Après, c’était comme s’il avait oublié qu’on avait discuté. Et c’était tant mieux parce que je ne comprenais rien de ce qu’il m’expliquait. Ce gars vivait dans un autre monde. Parfois, il descendait à mon étage pour me voir, quand j'entendais le bruit de ses pas dans l’escalier –imaginez Godzilla qui approche de Tokyo– je sortais par le jardin et je montais à son étage où j’allais discuter en attendant qu’il remonte –ce qui pouvait prendre un certain temps. Il y avait un côté très triste à tout ça en fait. Il n’est resté là que quelques mois et, en partant, il m’a dit qu’il avait aimé bosser avec moi. J’ai répondu que ça avait été un plaisir pour moi aussi en me demandant si c’était une formule de politesse ou s’il pensait qu’on avait vraiment travaillé ensemble. La vie est mystérieuse.

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Comments

Jerry

Friday, February 05, 2010

Scoffoni: de ce côté, effectivement, c'est quelque chose.

Taro Akebono: la vérité était bien plus dérangeante.

VinX: exactement.

Maximilien: je ne connaissais pas cette histoire. Par contre il y a eu cette histoire des trois chaises cassées lors de son premier jour.

Maximilien

Friday, February 05, 2010

Imagine-toi devoir l'accueillir pour quelques jours en Europe. L'angoisse de se rendre compte que rien n'est prévu de ce côté-ci de l'Atlantique pour des personnes de ce format. Réaliser que pas une seule de nos voitures ne pourra le déplacer… Vérifier avec angoisse si l'ascenseur sera à même de supporter son poids (oui s'il entre seul - de toute façon il n'y a pas la place pour une autre personne…)

C'était le bon temps ?

VinX

Friday, February 05, 2010

C'est... énorme !

Taro Akebono

Thursday, February 04, 2010


Quelle ingratitude.
Et où ils allaient à votre avis les kilos de cocaïne que vous empaquetiez à longueur de journée?
C'est pépère qui se les carrait dans le gros intestin pour faire la navette jusqu'à Tijuana.

L'était pas gros, l'était chargé.

C'est ça le petit personnel. Aucune notion d'entreprise.

Scoffoni

Thursday, February 04, 2010

Quel beau personnage.

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