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Thursday, January 31, 2008
Auteur de bande dessinée au masculin
Il n'y a rien que je déteste plus qu'aller acheter des fringues, rien. Mais il est important qu'un auteur de bande dessinée s'habille correctement. C'est un véritable problème dans le métier. Je ne sais pas si vous avez vu les photos de la remise des prix d'Angoulême, mais ça ressemble plus à la file pour la soupe populaire qu'à la cérémonie des Oscars. C'est un rendez-vous de vieux pulls en laine feutrés et écharpes. Alors en voyant la belle chemise de Gobi, hier, je me suis dit qu'il était temps de refaire ma garde-robe. Mais où aller? Je n'allais tout de même pas aller chez GAP ou un truc du genre? Alors, j'ai été dans un surplus militaire, là où tout homme au masculin qui se respecte trouve tout ce dont il a besoin pour sa survie. Dans la vitrine, il y avait des mitrailleuses lourdes, des sabres de samouraïs et des caleçons camouflés. À l'intérieur, c'est encore mieux, un gros vendeur taciturne qui grogne, un flic qui cherche le même couteau que Rambo et un drôle de gars qui achète un masque à gaz. Bref, c'est l'endroit rêvé pour un auteur de bande dessinée. Il y a des trucs assez rigolos là dedans en fait, des rations de survie, des gilets pare-balles –c'est Los Angeles, on risque toujours une balle perdue– où de grands filets avec des fausses feuilles pour camoufler votre hélicoptère. J'y ai trouvé et acheté de belles chemises de pompistes. Parce qu'il faut bien voir les choses en face, de nos jours les pompistes ont plus de classe que les auteurs de bandes dessinées. Le truc qui m'a convaincu que j'étais au bon endroit c'est que le gars m'a passé ce que j'ai acheté dans un grand sac poubelle noir. Si ça ce n'est pas la turbo classe, je n'y connais rien.




